samedi 18 juillet 2015

La bêtise et le cellulaire

C'est une anecdote.

J'étais dans une salle de cinéma à regarder un film bio sur Steve Jobs, le fondateur d'Apple.

Quand on parle d'Apple, on parle bien sûr d'ordinateurs mais aussi de cellulaires.

Bref, de technologie numérique.

J'ai toujours eu un réflexe de méfiance envers le numérique. Si notre vie s'en trouve "améliorée", quelque part, cette technologie créé des dommages collatéraux dont on ne soupçonne pas l'ampleur. D'abord, les gens en viennent dépendants et développent une passivité dont ils se départissent difficilement. Ensuite, beaucoup d'emplois disparaissent, l'automatisation prenant la place de travailleurs. En fait, la vie moderne a considérablement changé avec la montée du numérique.

Mais on n'en est pas à la première transition de ce genre. Il y a eu l'ère du charbon, de l'électricité, sans oublier celle du bronze, etc.

Quoi qu'il en soit, j'ai toujours eu l'impression qu'à mesure que l'humanité marche dans le filon technologie, je sens que la bêtise trace un sillon encore plus profond.

 

Pour en revenir à l'anecdote en question, i.e. la projection du film sur Steve Jobs et ce qu'il représente, j'avais comme voisin un inconditionnel de cette nouvelle secte. Il était accompagné de sa compagne et n'arrêtait pas de faire des commentaires sur le film.

J'ai eu beau lui faire comprendre qu'il dérangeait, mais il n'en faisait rien.

Mieux, il n'arrêtait pas d'allumer son cellulaire, entre ses échanges avec sa compagne, comme pour bien faire comprendre qu'il était au fait de cette technologie et que, forcément, il était quelqu'un d'intelligent.

Il laissait même sur l'accoudoir de son fauteuil le cellulaire avec son écran allumé sans s'en servir! Était-ce une autre manière de signaler qu'il était possesseur d'un pouvoir magique?

Mon mépris à son endroit était incommensurable. Et le sien tout autant.

Pourtant, moi aussi j'ai un cellulaire intelligent, moi aussi j'ai une caméra numérique et j'ai, bien entendu, un ordinateur...

Et pourtant, je ne crois pas être un imbécile fini. ;)

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samedi 12 avril 2014

Impressions sur la dernière élection provinciale

Un petit mot rapide sur les derniers résultats de la dernière élection provinciale québécoise.

Si les Québécois ont préféré voter en masse pour un parti au vide idéologique sidéral [PLQ], c'est pour avoir choisi le confort du statu quo, celui d'une réalité plutôt insatisfaisante mais dont on connaît les cruelles limites. C'est aussi, du même coup, avoir choisi un parti dont le récent passé éthique est plus que trouble et dont on entend des relents inquiétants de son financement par le biais de la Commission Charbonneau. Comme quoi, les Québécois sont librement entrés dans un piège à ours, tellement ils ont peur de l'affirmation de leur identité.

Parce que l'enjeu de la dernière élection portait essentiellement sur l'identité, que ce soit politique (l'indépendance), soit culturel (la Charte laïque). Comme l'affirmation de soi-même est quelque chose d'exigeant, l'appel du PQ n'aura pas eu de réponse enthousiaste. En cette ère de facilité, d'hédonisme et de nivellement culturel par le bas, le choix de la défense d'une culture représente un effort auquel les Québécois sont devenus allergiques.

La seule idée du référendum, même pas officiellement à l'agenda de la présente élection mais remise en relief avec vigueur par le PLQ afin d'effrayer les électeurs, aura donc eu son effet sur l'humeur fragile des Québécois et, du coup, leur a fait accepter un retour en arrière, celui d'un statut politique et culturel équivoques, aux frontières floues toute proches du non-être.

Bienvenue au consumérisme du XXIe siècle et à la mort lente de l'identité.

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